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Paco MATEO

Né le : 15.05.1917 à Algeciras (Espagne)Décédé le : 21.07.1979 (~62ans)
Nationalité : française France · espagnole Espagne
Poste : Défenseur central
L’Espagne d’avant guerre était déjà folle de football, ce sport importé par les nombreux industriels anglais venu installer leurs usines du coté de Barcelone et de Bilbao. Déjà, des stades gigantesques et pleins à craquer applaudissaient les exploits des joueurs du Real Madrid, du FC Barcelone ou de l’Athletic Bilbao. La péninsule ibérique possédait déjà ses héros, comme le légendaire gardien de but catalan du FC Barcelone Zamora, peut-être en ce temps là le meilleur spécialiste au monde. L’équipe nationale avait même dès 1934 marqué l’histoire de la coupe du monde suite à une double confrontation inoubliable et émouvante face au 11 du Duce Mussolini. L’équipe nationale d’Espagne, composée quasi exclusivement de joueurs basques et catalans, se montra héroïque et fut à deux doigts de l’exploit, poussant l’Italie dans ses derniers retranchement et l’obligeant à jouer un match d’appui. Mais à Rome, face aux futurs champions du monde galvanisés par un public fanatisé et un arbitrage maison le plus scandaleux qu’il soit, l’Italie fasciste ne pouvait, ne devait pas perdre. Les vaillants joueurs espagnols, épuisés, saoulés de coups par les brutalités azzuri durent baisser pavillon. Qu’importe, ils reçurent un accueil triomphal lors de leur retour à Barcelone et pouvaient se montrer fier de leur prestation.

C’est dans cette atmosphère fiévreuse et passionnée que le jeune Paco Mateo fit ses premiers pas de footballeur au FC Tétouan, petit club du Maroc espagnol. Son talent ne passa pas longtemps inaperçu et il attira rapidement les recruteurs des plus grands clubs du pays, sensible à ses qualités techniques et son caractère un peu fantasque. Mateo devint rapidement un très grand joueur, réputé dans toute l’Espagne, portant les maillots prestigieux de Séville, Valence et du FC Barcelone.

Malheureusement, comme pour beaucoup de footballeurs de l’époque, le vent de l’histoire bouleversa un destin insouciant. En Espagne éclata l’une des guerres civiles les plus atroces et les plus tragiques du 20e siècle. Les défenseurs de la jeune République espagnole devaient en effet prendre les armes face à la Phalange fasciste de Franco, le sommet de l’horreur de cette boucherie étant le bombardement de Guernica par la Luftwaffe. Durant cette guerre, Mateo fut, comme nombre de ses compatriotes, mit en prison pour des raisons politiques.

Ce sont ses talents de footballeur qui allaient le libérer des sinistres geôles franquistes. En effet, les dirigeants des Girondins de Bordeaux firent jouer leurs relations pour faire libérer Paco Mateo et le faire jouer en France. C’est donc sous le maillot bordelais qu’il pu poursuivre une brillante carrière, malheureusement peu mis en relief en raison de l’occupation et du démembrement du championnat de France. Durant cette période morose, les amateurs de football purent néanmoins découvrir le talent de cet artiste du ballon rond au toucher de balle quasiment magique.

Si ce fut le drame de la guerre d’Espagne qui mena Paco Mateo en France, un autre drame historique le mena au Racing club de Strasbourg. En 1939, la France déclara la guerre à l’Allemagne nazie et ordonna l’évacuation de la région par les populations civiles. Des centaines de milliers d’Alsaciens durent évacuer la Zone de guerre et se réfugier, souvent dans des conditions précaires, dans le Sud Ouest de la France. De nombreux Alsaciens s’installèrent en Dordogne, dans les Landes, ou dans la région bordelaise. Paco Mateo, doté d’un physique de grand séducteur, eut le coup de foudre pour l’une de ces jeunes alsaciennes expatriées. Elle devint quelques temps plus tard son épouse.

Sous le maillot des Girondins de Bordeaux, Paco Mateo tâcha d’égayer un peu le triste quotidien de la population d’une France occupée par l’armée allemande. Il y parvint non seulement par une technique hors du commun mais également par un sens du spectacle unique. Artiste du ballon rond, Paco Mateo était un véritable clown qui ne manquait pas une occasion d’amuser la galerie par ses frasques et ses pitreries, à la plus grande joie du public qui commençait à connaître et adorer ce bel hidalgo.

La guerre terminée, Paco Mateo décida de quitter le Sud Ouest pour suivre son épouse qui put enfin à nouveau s’installer en Alsace. De cette belle histoire d’amour naquit un nouveau coup de foudre, celui d’un homme pour une ville et son club, le Racing Club de Strasbourg, club dont il devint l’une des figures les plus emblématiques. Place forte du football hexagonal d’avant guerre, le Racing sortit de l’occupation ruiné et devant tout recommencer de zéro. C’est une équipe faite de bric et de broc qui attaqua le championnat 1945/1946 avec des joueurs amateurs encadrés par une poignée de professionnels dont le buteur Alphonse Rolland, coéquipier de Mateo à Bordeaux et le légendaire Oscar Heisserer. Partie de rien, cette équipe fit des miracles. La saison 1946/1947 fut en effet l’une des plus belles de l’histoire du club. Ratant le titre de champion de France d’un souffle, les Alsaciens furent finalistes de la Coupe de France, 10 ans après leur première visite au stade de Colombes. Malheureusement l’échec fut une nouvelle fois au rendez vous face à une très belle équipe du LOSC.

Cet défaite n’enleva rien au fait que ce Racing là fit vibrer les foules, et Paco Mateo constituait la tête d’affiche de cette équipe. Si l’avant guerre avait connu le tandem Rohr-Heisserer, l’après guerre fut incontestablement le règne du tandem Mateo-Heisserer. Leur entente illumina en effet le jeu du Racing sur les terrains de la France entière. Paco Mateo était en fait un précurseur dans le jeu. Il jouait en effet au poste de libero, mais c’était un libero technique, à la vision de jeu incomparable et n’hésitant pas à remonter tout le terrain pour attaquer et porter le jeu à l’avant. Du jamais vu à une époque où les défenseurs ne voyaient quasiment jamais de leur carrière la surface de réparation adverse...

En fait Mateo, c’était Beckenbauer 25 ans avant le règne du Kaiser ! Un joueur atypique et magnifique balle au pied, en avance sur son époque et disposant d’un charisme et d’un charme incomparable. Et il possédait toujours cet humour et ce caractère de farceur si précieux dans la vie d’un groupe et capable d’enflammer les foules dans les stades et.

De surcroît, ce personnage si attachant était à mille lieux de la mentalité mercantile des footballeurs modernes, cherchant fortune en changeant de club toutes les saisons, un peu comme on change de chemise. Le riche et puissant Olympique de Marseille offrit en effet au joueur un pont d’or afin de rejoindre la Canebière. Le Président du Racing savait qu’il n’avait pas les moyens de s’aligner sur cette offre mirobolante, constituant le record de l’époque. La négociation avec Paco se déroula dans le cadre d’un bon repas arrosé de Champagne, entre bons vivants. Finalement, la vedette espagnole se laissa convaincre de rester au Racing, à la condition que le club lui offre en prime… un vélo ! En fait Paco Mateo se moquait éperdument de l’argent. Sa joie résultait en fait du simple plaisir du jeu, plaisir qu’il faisait autant partager sur les terrains du championnat de France que dans les ruelles du quartier Schluthfeld, au milieu des parties de football endiablées jouées par les gamins. D’ailleurs, pour l’anecdote, l’un de ces enfants s’appelait Gilbert Gress

Après la glorieuse saison 1946/1947, la carrière de Paco Mateo fut plus chaotique. Victime de nombreuses blessures, ses apparitions se firent plus rares et moins régulières. Les problèmes de santé de l’artiste coïncidèrent avec le déclin sportif du Racing, qui rentra alors dans le rang et sombra dans la médiocrité. En 1950, à l’age de 33 ans, Paco Mateo tourna la page du football de haut niveau et se retira en raison de ses pépins physiques à répétition.

Ce ne fut néanmoins pas la fin de sa romance avec l’Alsace, région ou il s’installa définitivement. S’il joua encore un peu dans les basses divisions sous les couleurs de clubs locaux (La Walck, Bischwiller où il fut entraîneur joueur), il continua à œuvrer pour le Racing à partir des années 60 en tant que formateur des jeunes éléments. Du pain béni pour cet animateur né qui allait connaître des résultats prodigieux. En effet, les deux plus belles générations de l’histoire du Racing passèrent entre ses mains : celle des Hausser, Gress, Schuth, héroïne de la coupe des villes de foire en 1965 et de la coupe de France 1966 et celle des Specht, Deutschmann, Gemmrich, Wagner, championne de France 1979.

Malheureusement, cette belle histoire se termina dans le drame et les larmes le 21 juillet de cette même année 1979. Vers 22 heures, un véhicule automobile rata un virage à Eschau. Tragique et banal accident de la circulation entraînant le décès du conducteur, Paco Mateo et de son épouse. Ainsi disparu l’un des plus grands joueurs dont le destin incroyable marqua d’une trace indélébile l’histoire du Racing Club de Strasbourg… Sans conteste l’un des plus grands hommes de ce club, tant par le talent que par les qualités humaines.

conan

- 12/07/2005

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jpdarky
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meem
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jpdarky
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